Après une année marquée par la sécheresse, la grêle et diverses crises sanitaires comme la tuberculose bovine ou la dermatose nodulaire contagieuse, les 4 500 élevages du département sont à bout de souffle.
Avec ses plus de 200.000 bêtes, les Pyrénées-Atlantiques possèdent le plus important cheptel du Sud-Ouest. Lors de ce point presse, le préfet ne pouvait donc pas éluder le sujet.
« L’année qui vient de s’achever a été très compliquée pour les acteurs du monde agricole. La situation est donc particulièrement sensible. Après plus d’un mois après la mise en place du protocole de vaccination, nous sommes aujourd’hui à 88% de bovins vaccinés (entre 160.000 et 170.000 bêtes) dont 25% déjà immunisés. Au 1er février, nous aurons atteint les 60% de bêtes immunisées », souligne le préfet.
Un fonds d’urgence de 441.000 euros a été ouvert pour soutenir les éleveurs de veaux implantés dans 129 communes de l'est du Béarn qui subissent l'arrêt des ventes. Les demandes d'aide peuvent être déposées de manière dématérialisée jusqu'au 31 janvier 2026 inclus.
Cette aide sera complétée par un deuxième fonds de soutien gouvernemental dans les semaines à venir.
Tout en saluant la qualité du dialogue avec les syndicats, Jean-Marie Girier a fermement condamné les dérapages constatés lors de certains blocages, dénonçant des dégradations coûteuses et des attaques personnelles inadmissibles contre les services de l'État. Plus d’une dizaine de procédures judiciaires sont ouvertes actuellement, dont une plainte pour menace de mort.
« Il faut savoir différencier les pratiques : dans la nuit de lundi à mardi, je suis allé à la rencontre des agriculteurs qui bloquaient l’autoroute A63, deux heures plus tard, tout le monde était parti en laissant les lieux nickels, nous n’avons même pas fait appel à une balayeuse. Tandis que pour rouvrir le péage d’Urt, nous avons mis une semaine tellement le bitume était dégradé et c’était devenu une déchetterie à ciel ouvert où tout le monde venait déverser tout et n’importe quoi ».
Une révolution industrielle portée par les terres rares
Le bassin de Lacq concentre tous les regards avec une dynamique de réindustrialisation soutenue par 260 millions d'euros d'investissements issus du plan France 2030.
L'année 2026 marquera un tournant décisif avec la montée en puissance de projets structurants comme l'usine Caremag et l'arrivée prévue de l'entreprise Less Common Metals. Complémentaires, ces deux entités créeront sur le bassin de Lacq le premier hub européen sur les questions des terres rares.
« Une enquête publique devrait également être lancée en 2026, pour un autre projet structurant : celui d’E-cho. D’autre part, les travaux de l’usine de Toray devraient également démarrer dans les prochains mois. Le projet ZIBAC sera également pleinement opérationnel dans le bassin de Lacq. Au total, ces projets vont générer environ 1.200 emplois directs. Quand on sait qu’un emploi industriel créé entre 3.5 et 4.2 emplois indirects, on comprend qu’il s’agit d’un enjeu essentiel », ajoute Jean-Marie Girier.
Dans ce contexte géopolitique incertain, le préfet souligne le lancement officiel du service militaire volontaire sur l’ensemble du territoire national. Pour le département, l'ambition est claire : il s'agit de doubler les effectifs des réservistes dans les années à venir, pour porter leur nombre bien au-delà des 4.000 engagés actuels.
Les entreprises industrielles œuvrant dans le secteur de la défense sont aussi particulièrement sollicitées. Comme le souligne le préfet des Pyrénées-Atlantiques : « parmi nos 270 entreprises qui travaillent pour le ministère des Armées, certaines d’entre elles enregistrent une très forte croissance et doivent recruter 50 à 100 salariés supplémentaires dans les prochains mois. Nous réunissons régulièrement des acteurs économiques du secteur pour connaître leurs besoins. Actuellement, 120 entreprises vont recruter dans les 12 à 18 mois 900 salariés. Ces entreprises doivent investir très vite dans la formation ou l’agrandissement de leur bâtiment. À nous de protéger leurs capitaux et de les sécuriser, c’est un enjeu prioritaire pour nous ».
Pour accompagner la croissance rapide des entreprises de défense et d'industrie dans les Pyrénées-Atlantiques, le préfet Jean-Marie Girier met l’accent sur un levier indispensable : l’adéquation entre les besoins des entreprises et les compétences locales.
Avec près de 900 recrutements prévus par 120 entreprises dans les 12 à 18 prochains mois, la question de la formation et de l’attractivité du territoire devient une priorité absolue pour éviter toute pénurie de main-d'œuvre.
L'eau et la biomasse au cœur de la transition écologique
Les secteurs industriel et agricole, dont la viabilité repose sur la ressource hydrique, sont désormais des acteurs clés de la transition écologique, plaçant la gestion concertée de l’eau au centre de la résilience des territoires.
La gestion des ressources naturelles s'impose donc comme le dossier le plus transversal des mois à venir, l'enneigement et le débit des gaves subissant une baisse alarmante.
« La question de l’eau est très structurante et transversale dans l’ensemble du département. Nous avons connu deux périodes de sécheresse en quatre ans, l’enneigement est de moins en moins important au fil des ans, le débit du gave de Pau a baissé de près de 16% en 30 ans et il pourrait chuter de 40% dans les cinq prochaines décennies... Nous devons travailler à la fois sur la question de son stockage, de la gouvernance et de sa qualité. Toute une série d’actions sera bientôt mise en place », promet Jean-Marie Girier.
Toujours dans le chapitre de la transition écologique, un comité départemental de gestion durable de la biomasse a été créé en juin dernier. L’objectif est d’avancer sur cette question très clivante, en intégrant l’ensemble des parties prenantes (acteurs publics et privés, associations).
Un point d’étape est prévu le 30 janvier 2026 pour présenter les premiers résultats concrets dans cette thématique.
Le volet écologique passe également par une révolution des transports. Le projet de ferroutage entre Mouguerre et Cherbourg (opéré par la compagnie Brittany Ferries) montre déjà des résultats avec 25.000 camions mis sur les rails depuis l'été dernier, avec un objectif de 75.000 camions par an.
« C’est une réponse très concrète aux enjeux de saturation des agglomérations, qui permettra de réduire considérablement l’émission de CO2 (on parle de 100.000 tonnes évitées) », précise le préfet des Pyrénées-Atlantiques.
Logement : des résultats au long court
Cette année, 1.100 logements sociaux ont été agréés. Sur le territoire de la Communauté d’agglomération Bayonne Pays Basque, le programme Territoires engagé pour le logement permettra de créer plus de 3.500 logements d’ici 2027, dont plus de 2.000 à caractère social.
Dans le quartier Saragosse, à Pau, un projet ambitieux est porté par la Communauté d’agglomération. Celui-ci vise la réhabilitation et la requalification de 250 logements.
« Globalement, on travaille avec les collectivités pour faire feu de tout bois, avec le déploiement de tous les outils à notre disposition. Nous avons par exemple multiplié par quatre l’aide à la pierre, créé une task force, grâce à laquelle 2.000 projets de logement ont pu être débloqués, établis un suivi sur les baux frauduleux, mis en place l’encadrement des loyers dans 24 communes du littoral…», expose Jean-Marie Girier.
De quoi relancer le secteur du BTP, qui perd 1.000 emplois par an depuis trois ans.
Lutte contre l’immigration illégale et le narcotrafic
La lutte contre les stupéfiants reste une priorité absolue alors que le département subit une « déferlante de cocaïne » entraînant des épisodes violents dans certains quartiers.
L’immigration illégale a quant à elle baissé de 28%, notamment grâce au durcissement de la politique espagnole et l’amplification des contrôles à la frontière. Le préfet tient d’ailleurs à saluer le travail des différentes brigades et en a profité pour annoncer un prochain rendez-vous autour de cette thématique : le 22 janvier.
Nul doute que cette thématique sera au centre des débats lors des élections municipales de mars 2026. Les équipes de la préfecture sont d’ores et déjà pleinement engagées pour assurer le bon déroulement du processus démocratique au cours duquel les 540.000 électeurs du département devront se rendre dans un des 881 bureaux de vote pour élire 7.401 conseillers municipaux.
Des réponses concrètes aux enjeux de santé
En matière de santé, Jean-Marie Girier vient d’annoncer un renforcement de l'accès aux soins grâce à l'arrivée d'une trentaine de docteurs juniors à l'automne 2026 et au déploiement du dispositif "France santé". Une quinzaine de cabinets pluridisciplinaires seront labellisés pour garantir une prise en charge rapide des patients sans solution médicale.



N.B

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