À Tosse, le mercredi 23 juillet, en fin d’après-midi, la pose de la première pierre de la future résidence autonomie a marqué une étape symbolique et concrète à la fois. Symbolique, parce qu’elle traduisait une volonté politique forte face au défi du vieillissement. Concrète, parce qu’elle lançait un chantier attendu, pensé pour répondre aux besoins réels des aînés du territoire.
Dans les Landes, où plus de 46 000 personnes ont déjà dépassé les 75 ans, la question du logement adapté n’était plus une perspective lointaine mais une urgence à régler. Les prises de parole successives l’ont rappelé avec gravité et conviction : dans les années à venir, les plus de 65 ans représenteront plus du tiers de la population landaise. Face à cette réalité démographique, il ne s’agissait donc plus de colmater, mais de construire.
Un chantier collectif
Ainsi, à Tosse, la réponse s’est voulue collective. Commune, bailleur social, gestionnaire médico-social, intercommunalité, Département, CARSAT, établissements fonciers… tous ont aligné leurs compétences pour bâtir une alternative crédible entre le domicile isolé et l’institution médicalisée. La résidence autonomie, confiée à Habitat Sud Atlantic pour sa réalisation, s’inscrivait pleinement dans cette logique.
Le programme prévoyait la construction de vingt-quatre logements, composés de vingt-deux T1 bis et de deux T2, adaptés aux besoins des personnes âgées, accessibles et pensés pour le confort au quotidien. À cette offre résidentielle venait s’ajouter une salle communale mitoyenne, réalisée par le bailleur puis cédée à la commune, afin d’ouvrir la résidence sur la vie du bourg et de favoriser les échanges intergénérationnels.
Au delà du simple programme immobilier, le projet portait une ambition sociale affirmée. Implantée en plein cœur de Tosse, à proximité immédiate des commerces et des services, la résidence autonomie avait été pensée comme un lieu de vie ouvert, où l’on continue à faire partie du village plutôt que de s’en éloigner.
La gestion et le projet de vie sociale avaient été confiés à Hécia Sud Aquitaine, association reconnue pour son expérience dans les Landes et le Béarn. L’objectif affiché était d'accompagner sans infantiliser, soutenir sans isoler, proposer un cadre sécurisant tout en respectant l’autonomie des résidents. À terme, la résidence pourrait également accueillir des personnes en situation de handicap, dans une logique inclusive et évolutive.
Un projet agréé, financé et assumé
Sur le plan institutionnel, la résidence autonomie de Tosse a reçu l’agrément du Conseil départemental des Landes, à l’issue d’une candidature déposée dans le cadre de l’appel à projets IDRA, lancé conjointement par le Département et la CARSAT. Cet agrément reconnait la pertinence du projet et sa cohérence avec les politiques publiques en faveur du vieillissement.
Le coût global de l’opération a été estimé à près de 3,8 millions d’euros toutes taxes comprises. Un investissement conséquent, à la hauteur de l’enjeu. Le montage financier repose sur une combinaison d’emprunts à long terme auprès de la Banque des Territoires et de subventions publiques, mobilisées par le Département, la Communauté de communes MACS et la CARSAT.
L’intercommunalité a notamment apporté un soutien significatif, évalué à 10 000 euros par logement, dans le cadre de son Programme local de l’habitat et en cohérence avec le futur Contrat territorial d’autonomie porté par le Centre intercommunal d’action sociale.
Sur le terrain, le chantier s’annonçait comme un véritable ouvrage de précision. Conçue par le cabinet d’architecture Samazuzu Samaniego, la résidence adopte une écriture sobre et contemporaine, inspirée du patrimoine local. Volumétrie maîtrisée, matériaux durables, intégration paysagère… ici, le bâti ne cherche pas à s’imposer, mais à s’inscrire.
Conforme à la réglementation environnementale RE2020, le bâtiment intégre des choix techniques destinés à garantir confort thermique, maîtrise énergétique et qualité d’usage. Une manière de rappeler que bien vieillir, c’est aussi habiter un logement sain, économe et agréable à vivre.
Refuser la marchandisation du grand âge
Au fil des discours, un message a résonné avec force : dans les Landes, le vieillissement ne doit pas devenir un marché. Les mots de Xavier Fortinon ont fait mouche, rappelant que les personnes âgées ne doivent pas être perçues comme une opportunité économique, mais comme des citoyens à part entière, porteurs d’une histoire et d’une dignité.
À Tosse, cette philosophie s’est traduite dans le projet lui-même. Ici, pas de résidence standardisée ni de logique purement financière, mais une construction patiente, pensée à hauteur d’homme, où chaque mètre carré doit servir l’autonomie et le lien social plutôt que la rentabilité.
La pose de la première pierre, en juillet, a ainsi marqué le début d’un chantier bien plus large que celui du BTP. C’est aussi une vision du bien vieillir qui prenait forme. Une vision solidaire, territoriale, où chacun, élu, technicien, habitant, contribue à rendre l’espace commun habitable pour tous.
Le rendez-vous est donc pris pour 2027, date annoncée de l’inauguration de cette résidence autonomie. D’ici là, les murs monteront, les réseaux seront posés, les finitions réalisées. Mais l’essentiel est déjà là : à Tosse, on prouve que construire pour les seniors, ce n’est pas regarder en arrière, mais préparer l’avenir, avec humanité et sens du collectif.
Sébastien Soumagnas





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