Au Pays basque, l’année ne commence vraiment qu’avec la fête de la Bixintxo. Dès le mois de janvier, après avoir digéré les deux réveillons, Hendaye et Ciboure entrent en effervescence autour de la Bixintxo, leurs fêtes patronales respectives. Une parenthèse joyeuse qui donne le ton, remet du rouge aux joues et du rythme dans les pas. Ici, on ne se contente pas de tourner la page du calendrier : on la danse, on la chante, on la partage.
Si chacune des deux communes cultive son caractère, l’esprit de la Bixintxo reste le même : rassembler. Rassembler les générations, les quartiers, les familles, autour de traditions profondément ancrées mais toujours vivantes. Dans les rues, les tambours résonnent comme un battement de cœur collectif, rappelant que la fête est d’abord une affaire de lien.
À Hendaye, le retour du corsaire et la tamborrada
À Hendaye, la Bixintxo 2026, qui aura lieu du 16 au 25 janvier, s’annonce une nouvelle fois comme une grande aventure populaire. Dès le vendredi soir, la ville se prépare à accueillir le retour du plus célèbre de ses enfants, le corsaire Étienne Pellot. Personnage à la frontière de l’histoire et de la légende, Pellot revient sur ses terres après une évasion romanesque, vêtu en pèlerin, accompagné de sa Neskatxa, comme un symbole de résilience et de liberté.
Le défilé qui marque ce retour donne le coup d’envoi des festivités. Depuis le port de Caneta jusqu’à la place de la République, Hendaye se transforme en décor de théâtre à ciel ouvert. La Tamborrada gronde, les danseurs investissent l’espace, et la foule suit le mouvement, portée par cette énergie collective qui fait oublier la fraîcheur hivernale.
Tout au long de la semaine, la ville vit au rythme de la tamborrada, des danses basques et des animations populaires. Les enfants occupent une place centrale, notamment lors du défilé auquel participent les écoles hendayaises. Une manière de transmettre ce qui fait l’âme de la fête : être ensemble, jouer son rôle et tenir le tempo.
À Hendaye, la Bixintxo est aussi une affaire de gourmandise et de convivialité. Le concours d’omelette, les pintxo pote et les rendez-vous musicaux rappellent que la fête se vit autant autour d’une table que dans les rues de la ville. La répétition générale de la tamborrada, ouverte à tous, devient un moment à part entière, où chacun peut mesurer la force du collectif avant le grand défilé.
La seconde partie des fêtes hendayaises monte encore d’un cran avec la pelote à main nue, disputée dans le cadre du championnat d’Espagne, et les concerts des chorales locales. Dans l’église Saint-Vincent, les voix se mêlent, comme pour rappeler que la Bixintxo est aussi un temps de recueillement et d’émotion partagée. Une façon de dire que la fête n’efface pas le sacré... elle l’accompagne.
À Ciboure, musique, mer et identité partagée
De l’autre côté de la corniche, Ciboure entre elle aussi dans la danse dès le 16 janvier pour se terminer le 25. Ici, la Bixintxo prend des allures de fête en mouvement, où sport, musique et traditions s’entremêlent. Le Trail de la Bixintxo, organisé par les associations de parents d’élèves, ouvre les festivités dans une ambiance à la fois sportive et solidaire. Courir dans les rues de Ciboure, c’est déjà participer à la fête.
La dimension solidaire est au cœur de cette initiative, avec un engagement au profit de l’association Zurekin et des écoles de la commune. Une manière concrète de rappeler que la fête peut aussi servir une cause, sans jamais perdre son caractère joyeux.
À Ciboure, la Bixintxo se déploie ensuite dans un foisonnement de rendez-vous culturels et festifs. Les déambulations musicales investissent les rues, les concerts sous chapiteau attirent toutes les générations, et la régate de traînières dans la baie offre un spectacle à la fois sportif et profondément ancré dans l’identité maritime locale.
En outre, les traditions basques ne sont jamais loin : concours de boudin, fandango, mutxikoak et danses d’honneur rythment les journées, pendant que les habitants et visiteurs se retrouvent autour d’un verre ou d’un plat partagé. À Ciboure comme à Hendaye, la gastronomie fait partie intégrante de la fête, sans oublier la fête foraine, pour le plus grand plaisir de nos chères têtes blondes.
Au fil des jours, la Bixintxo transforme Hendaye et Ciboure en deux grands foyers où l’on vient se réchauffer ensemble. La fête foraine, installée autour du port et du centre-ville, ajoute sa part de lumière et de rires, attirant petits et grands dans un tourbillon de couleurs.
La Bixintxo est une façon de rappeler que le Pays basque sait célébrer son histoire, sa langue, ses gestes, et surtout ses habitants. En janvier, quand les tambours résonnent et que les places se remplissent, ce n’est pas seulement la Saint Vincent que l’on célèbre, mais une manière de se retrouver tous ensemble, tournés vers le partage.
Sébastien Soumagnas





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