André Garreta, président de la CCI Bayonne Pays Basque, Pantxoa Bimboire Haritschelhar, conseiller du Bureau de la CCI et dirigeant des Chocolats Cazenave à Bayonne, Marie-Anne Kozlowski, directrice de l'antenne économique de la Banque de France de Bayonne et son adjoint, Jon Arizmendi ont présenté les principales tendances.
Pour le président de la CCI, les entreprises basques ont besoin « d’un cadre stable, lisible et prévisible pour investir, recruter et se projeter. La solidité de l’économie locale dépendra de la cohérence des orientations qui seront prises suite au « mercato » des municipales, avec en ligne de mire les Présidentielles en 2027 ».
Il a également souligné les enjeux clés : « encourager et maintenir un environnement favorable à l’activité des entreprises pour ancrer les emplois dans les territoires et leur permettre d’assumer les transitions numériques et écologiques qui impliquent une transformation des métiers et des modèles économiques ».
Heureusement, la confiance des dirigeants dans l’avenir de leur entreprise reste majoritaire (67%). Mais, elle a perdu 11 points en 1 an : une tendance trop lourde pour ne pas être prise en compte. D’autant plus que la confiance envers l’économie nationale et mondiale recule nettement tombant à seulement 19%. Or, la confiance est indispensable pour déclencher l’investissement, favoriser l’innovation et la prise de risque.
Quand le bâtiment ne va pas…
C’est bien connu, le BTP est un thermomètre assez fiable de la santé de l’ensemble de l’activité économique. Or, au Pays Basque comme partout en France, ce secteur est en grande difficulté. Dans la construction, 31% des entreprises constatent une baisse de chiffre d’affaires et des commandes qui s’affaiblissent. Elles enregistrent une forte dégradation de leurs marges, ce qui appauvrit largement la trésorerie. À cela se rajoutent les difficultés liées aux ressources humaines : un quart des entreprises doivent composer avec moins de personnel.
André Garreta en a profité pour demander un réexamen plus approfondi du dispositif concernant les meublés touristiques (compensation, plafonnement des loyers…), en mesurant plus complètement l’impact réel. Il souligne qu’aujourd’hui les propriétaires hésitent à louer leurs biens à l’année faute d’une rentabilité minimum et face aux nombreux aléas. Il s’inquiète également de voir le tourisme familial fuir le Pays Basque pour aller vers le Sud des Landes.
Globalement, le tourisme continue de se développer, mais au prix d’équilibres financiers plus tendus. Les Cafés-Hôtels-Restaurants affichent un second semestre plus dynamique, tout comme une partie des services qui parvient à maintenir son chiffre d’affaires malgré la baisse de la demande.
De son côté, l’industrie subit la contraction des commandes, sauf dans l’aéronautique. Quant au commerce, il reste particulièrement exposé aux tensions sur la fréquentation et la trésorerie.
Globalement, la demande insuffisante s’impose comme la première difficulté des entreprises (31%) à égalité avec le poids des charges qui s’accentue (+4 points vs 1er sem. 2025), suivi par l’inflation (28%) dont les effets persistent. Un tiers des dirigeants enregistre une baisse de chiffre d’affaires. Les marges se contractent, les délais de paiement s’allongent et la trésorerie devient un point de vigilance majeur.
Les indicateurs de démographie d’entreprises traduisent d’ailleurs cette tension. Si les immatriculations progressent, les radiations repartent fortement à la hausse (+78%) et les procédures collectives continuent d’augmenter (+9%).
Tous les détails sur le site de la CCI Bayonne Pays Basque



CCI Bayonne DR

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