Réduire son empreinte sans effacer son confort, consommer mieux plutôt que toujours plus, transformer les habitudes sans transformer la vie en contrainte permanente : telle est l’ambition de Zéro Déchet des Grands Lacs. L’association, née d’une initiative citoyenne, porte une conviction simple mais puissante, à savoir que chacun peut devenir acteur d’un monde plus propre, à condition d’oser faire le premier pas.
Dans un territoire où les plages sont belles, ainsi que ses forêts et ses lacs, la question des déchets ne relève malheureusement pas d’un concept abstrait. Elle est visible, parfois échouée sur le sable. Sur le Pays de Born, chaque habitant génère en moyenne 381,4 kilos d’ordures ménagères par an. Si une large part est valorisée ou recyclée, la réalité demeure, à savoir que la poubelle domestique n’est que la partie émergée d’un iceberg de déchets produits en amont, lors de la fabrication de tout ce que nous consommons. Derrière chaque objet du quotidien se cachent des ressources extraites, transformées, transportées. L’enjeu dépasse le simple tri car il touche à notre façon d’acheter, de produire et de vivre.
Le déclic d’une conscience éveillée
À l’origine de Zéro Déchet des Grands Lacs, il y a une trajectoire personnelle. Celle de Marjorie, aujourd’hui présidente de l’association. Elle raconte le temps où remplir un caddie débordant donnait l’illusion d’un pouvoir d’achat solide, où accumuler produits ménagers et cosmétiques rassurait. Puis vint le choc d’une lecture consacrée à la Famille Zéro Déchet. Une prise de conscience brutale, un électrochoc écologique.
Progressivement, au sein de son foyer, les habitudes changent. Les recherches s’enchaînent, les expérimentations aussi. Et la poubelle s’allège. Physiquement d’abord, symboliquement ensuite. Moins de sacs jetés, moins de produits superflus, plus de cohérence. Une page Facebook voit le jour, « Le déchet zéro, c’est avec Marjo », pour partager astuces et réflexions. Les rencontres se multiplient, l’énergie collective prend racine. L’envie d’agir à l’échelle du territoire s’impose alors comme une évidence. Ainsi naît l’association Zéro Déchet des Grands Lacs.
En moins d’un an, plus d’une centaine d’adhérents rejoignent l’aventure. Les idées germent, les projets fleurissent. Le zéro déchet cesse d’être un slogan pour devenir une dynamique locale.
Le zéro déchet n’est pas une quête de perfection. C’est avant tout un changement de regard. Refuser ce qui n’est pas nécessaire, réduire ce dont on peut se passer, réutiliser plutôt que jeter, recycler quand l’évitement n’a pas été possible et rendre à la terre ce qui peut y retourner. Elle invite à vivre mieux avec moins, sans sacrifier la qualité de vie.
L’association rappelle que nous pouvons éliminer jusqu’à 95 % des déchets de notre quotidien en adaptant nos modes d’achat. Acheter en vrac, privilégier le durable, réparer, cuisiner maison, composter, bref, autant d’actions qui transforment l’ordinaire en acte écologique.
Des ateliers pour passer de l’idée à l’action
Pour prêcher a bonne parole de ces nouvelles pratiques, Zéro Déchet des Grands Lacs organise régulièrement des ateliers ouverts à tous. Gratuits pour les adhérents et accessibles à prix libre pour les autres, ces rendez-vous conjuguent pédagogie et convivialité. On y apprend à fabriquer sa lessive ou ses pastilles pour lave-vaisselle avec des ingrédients simples, à confectionner un déodorant ou un démaquillant maison, à créer un emballage alimentaire réutilisable en cire d’abeille ou encore à transformer une chaussette en éponge durable.
Ces moments sont pensés pour tous les âges. Enfants, adultes, duos parent-enfant y trouvent matière à expérimenter. L’objectif n’est pas seulement de transmettre des recettes, mais d’ancrer des réflexes. Faire soi-même devient un acte écologique, économique et gratifiant.
L’association agit également auprès des établissements scolaires. Les ateliers proposés aux élèves se veulent interactifs. Il s’agit d’expliquer ce que deviennent nos déchets, pourquoi il est urgent de les réduire, et comment chacun peut agir à son échelle. Des actions concrètes, comme l’organisation d’un pique-nique zéro déchet ou la préparation d’une kermesse plus responsable, permettent de passer de la théorie à la pratique.
Main dans la main avec les jeunes générations, Zéro Déchet des Grands Lacs cultive l’idée que l’écologie n’est pas un poids, mais un pouvoir. Celui d’agir dès aujourd’hui pour préserver demain.
Des solutions concrètes
Ponctuellement, l’association organise des opérations de nettoyage sur les plages. Ces ramassages sont autant d’actions visibles que de moments de sensibilisation. En ramassant les déchets, on prend conscience de leur diversité et de leur omniprésence.
Parallèlement, le réseau « Mon commerçant zéro déchet » encourage les habitants à venir avec leurs propres contenants. Des autocollants affichés sur les vitrines signalent les commerces partenaires à Biscarrosse, Parentis-en-Born, Sainte-Eulalie ou Gastes. Plus besoin d’hésiter à franchir la porte avec ses bocaux, ici, le geste fait partie de la normalité.
Parce que la prévention des déchets passe aussi par les moments festifs, l’association propose un service de prêt de vaisselle et d’écocups pour les particuliers et les associations. Assiettes, couverts, pichets ou gobelets réutilisables permettent d’éviter la vaisselle jetable lors des buffets et manifestations.
Dans le même esprit, un kit pique-nique zéro déchet a été imaginé pour accompagner la saison estivale. Composé d’éléments durables et réutilisables, il permet de profiter d’un repas en plein air sans laisser de trace derrière soi.
COUP DE POUCE
Cet article vous a t-il donné envie de passer du constat à l’action sans attendre que la planète fasse elle-même le tri ? Zéro Déchet des Grands Lacs a besoin de forces vives pour continuer à faire germer ses projets. Adhérer, c’est bien plus qu’une formalité. En effet, c’est donner du poids à une voix locale, indépendante et engagée, et offrir à l’association les moyens concrets d’agir sur le territoire.
Tout comme devenir bénévole, c’est mettre la main à la pâte, ou plutôt au compost, lors des ateliers, des sensibilisations scolaires, des nettoyages de plages ou des événements zéro déchet. Chaque énergie compte, qu’elle soit ponctuelle ou régulière. Vous avez une compétence, un peu de temps, une idée à partager ? Rejoignez le mouvement. Ensemble, faisons rimer engagement avec enthousiasme et transformons nos bonnes intentions en actions durables.
Sébastien Soumagnas






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