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Jazz en Mars : Quand Tarnos improvise le printemps

La ville se met au diapason du jazz, une musique libre, vibrante et généreuse, portée par un festival devenu incontournable.
Jazz en Mars est une scène ouverte, vivante et ouverte à tous
Jazz en Mars DR
Depuis 2005, Jazz en Mars prouve qu’une programmation exigeante peut rimer avec accessibilité et plaisir partagé.
Chaque année, le festival attire des artistes de renommée internationale
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À Tarnos, la culture s’adresse à tous. Elle circule librement, comme une ligne de contrebasse bien posée, solide et rassurante. Ici, la qualité artistique ne se cache pas derrière des codes réservés aux initiés. Elle se laisse entendre, apprivoiser, et surtout, elle donne envie. Envie d’écouter autrement, de ressentir plus fort, de se laisser surprendre par des harmonies que l’on ne pensait pas faites pour soi.

C’est dans cet esprit profondément humaniste qu’est né Jazz en Mars, en 2005. À l’origine de cette aventure, un homme, une conviction et une bonne dose d’audace. André Lassus, alors directeur de l’École Municipale de Musique de Tarnos, rêvait d’ouvrir grand les portes du jazz dans une ville où cette musique restait encore confidentielle. Soutenu par les élus municipaux, il a posé les premières notes d’un projet qui allait, au fil des années, devenir une véritable signature culturelle.

À ses côtés, Arnaud Labastie, professeur de piano et également passionné de jazz, partageait la même envie. Le temps était venu de faire découvrir au plus grand nombre que cette musique, souvent perçue comme complexe, pouvait toucher, émouvoir et rassembler. Leur ambition n’était pas de faire de Tarnos un club fermé pour amateurs éclairés, mais bien une scène ouverte, vivante et ouverte à tous.

Une 21e édition entre virtuosité et générosité

Depuis ses débuts, Jazz en Mars n’a jamais trahi sa partition initiale. Chaque année, le festival attire des artistes de renommée internationale, tout en restant fidèle à ses origines. À Tarnos, les concerts ne sont pas de simples prestations. Ce sont des moments d’échange, de partage, parfois même de transmission. Les artistes prennent le temps, discutent, expliquent.

Pendant un mois, la ville entière se met à vivre, respirer à l'heure du jazz. La médiathèque vibre au rythme des découvertes, les écoles s’ouvrent à de nouveaux sons, et des lieux inattendus se transforment en scènes éphémères. Depuis 2010, les dessins pleins d’humour et de poésie de Jean Duverdier, dessinateur et musicien de jazz, accompagnent le festival, ajoutant une touche visuelle qui prolonge la musique sur le papier.


En mars 2026, Jazz en Mars célèbrera sa 21e édition. Un âge où l’on maîtrise parfaitement ses gammes, tout en gardant l’audace des premières improvisations. Du 4 au 7 mars, la Salle Maurice Thorez deviendra l’épicentre de cette effervescence musicale, accueillant une programmation qui conjuguera grands noms du jazz mondial et talents confirmés de la scène française.

Jean Duverdier, dessinateur et musicien de jazz

Le festival s’ouvre sur une note solidaire, fidèle à ses valeurs. Le mercredi 4 mars, la Soirée Jazz Solidaire donnera le la. La participation est libre et l’intégralité des fonds récoltés est reversée à une association caritative. La soirée débutera avec les élèves de l’École Municipale de Musique, accompagnés de talents locaux, avant de laisser place au Louisiana Hot Quartet. Emmené par le saxophoniste David Devrou et la chanteuse Lydie Arbogast, le groupe plongera sans aucun doute le public dans l’atmosphère chaleureuse de la Nouvelle-Orléans, là où le jazz est né, entre swing, blues et énergie communicative.

Des rencontres au sommet

Le jeudi, Jazz en Mars prendra une dimension internationale avec une soirée placée sous le signe de la voix et de la virtuosité instrumentale. Le collectif SHADES proposera un voyage vocal audacieux, réunissant six artistes autour d’un répertoire qui traversera près d’un siècle de jazz, des comédies musicales de Broadway aux standards popularisés par Sinatra ou Ella Fitzgerald.

Jazz en Mars DR

Puis viendra James Morrison, figure majeure du jazz australien, véritable multi-instrumentiste capable de passer de la trompette au trombone ou au piano avec une aisance déconcertante. Il impressionne autant par sa technique que par son expressivité, et devrait offrir au public de Tarnos un moment suspendu.

Le vendredi, la Salle Thorez résonnera au son des saxophones. Francesca Tandoi, pianiste et chanteuse italienne surdouée, est bien connue pour revisiter le jazz « straight head » avec une élégance rare. Inspirée par Oscar Peterson et Gene Harris, elle livrera une performance en trio d’une précision redoutable, prouvant que la tradition peut rester terriblement moderne.

La soirée se poursuivra avec un moment d’exception, incarné par THREE, un « tenor summit » imaginé par Michel Pastre. Pour la première fois, trois figures internationales du saxophone ténor se retrouveront sur scène : les Américains Scott Hamilton et Harry Allen, aux côtés de Michel Pastre. Ensemble, ils rendront hommage aux légendaires Texas Tenors, dans un dialogue musical qui promet de ravir le public.

Affiche de la 21e édition de Jazz en Mars
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Un final apothéotique

Le samedi 7 mars, Jazz en Mars conclura son édition sur une note éclatante. Philippe Duchemin, parrain du festival et figure emblématique du piano jazz, partagera la scène avec Baptiste Herbin, l’un des saxophonistes les plus brillants de sa génération.

Pour clore le festival, James Morrison reviendra en chef d’orchestre pour un Trumpet Summit d’anthologie. Autour de lui, plusieurs des plus grands trompettistes français uniront leurs talents dans une véritable célébration du swing. Une conclusion en fanfare...

Preuve de l’attachement du public, la quasi-totalité des concerts affiche déjà complet bien avant l’ouverture du festival. Il ne reste d’ailleurs des places que pour la Soirée Jazz Solidaire du mercredi 4 mars. Un signe qui ne trompe pas pour dire que Jazz en Mars est devenu un rendez-vous attendu, presque ritualisé, où l’on vient autant pour la musique que pour l’atmosphère.

Sébastien Soumagnas

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